Robe, Anrealage

ROBE FAITE DE PERFECTOS KALÉIDOSCOPIQUE À IMPRIMÉS PHOTOSENSIBLES ET EPAULETTES AMOVIBLES

  • Anrealage

  • Griffe sur la robe en toile tissée, intérieur encolure dos côté gauche, blanc sur noir : "[encadré] [logo] ANREALAGE / [logo inversé] ANREALAGE [inversé]". Monogramme d'ANREALAGE sur le sergé des épaulettes en cupro blanc cassé.
  • Prêt-à-porter, printemps-été 2016, Collection « REFLECT »
  • Toile de coton blanc cassé enduit de prismes en polyuréthane photosensibles blanc cassé mais violet, bleu, vert et jaune à la lumière d'un flash photographique. Sergé monogrammé blanc cassé, rembourrage polyester.
  • GAL2019.4.2.1 à 10
  • Don ANREALAGE – Vogue Paris Foundation 2018
  • Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris

Cette robe réalisée dans de six blousons de motards incrustés en kaléidoscope est à première vue en simple toile de coton blanc cassé. Mais, une fois éclairée par un flash de téléphone, les couleurs chatoyantes des imprimés photosensibles surgissent.

Directeur artistique de la marque japonaise ANREALAGE, Kunihiko Morinaga, lorsqu’il crée, pense le moins possible au corps. Guidée par un axe de recherche unique, il fait le choix d’une présentation de mode conceptuelle dont la structure performative rappelle celles d’Hussein Chalayan ou de Martin Margiela. Toutefois, par le biais de ces dispositifs technologiques perfectionnés, ANREALAGE semble questionner notre société et ses usages. Pour cette collection présentée à la Salle Melpomène de l’Ecole nationale des beaux-arts de Paris le 29 septembre 2015, Morinaga fait du téléphone, instrument omniprésent du quotidien, l’intercesseur exclusif entre le public et ses créations. La tête prise dans de larges écouteurs 3D pour entendre la musique du défilé, le public plongé dans l’obscurité devait photographier les modèles avec les flashs de leurs téléphones pour découvrir leurs imprimés. ANREALAGE immerge le public dans une allégorie, celle des présentations de mode actuelles où, depuis près de 10 ans maintenant, les portables dressés sont les ovations silencieuses d’un public ultra connecté.

Cet ensemble interroge la photophobie des musées de mode, l’exposition du patrimoine textile étant dictée selon des critères rigoureux et une exposition lumineuse faible, limitée à 50 LUX.

Auteur de la notice : Alexandre Samson