Robe à transformation

aurait appartenu à l'impératrice Eugénie

  • Don de madame Vorms-Heral
  • Vers 1873
  • Taffetas de soie noir broché à motifs de roses en soie (de plusieurs tons de violet, vert et jaune), biais de taffetas de soie violet, rubans cannelés de soie noirs.
  • GAL2000.95.1
  • Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris

Les ennemis de l’impératrice Eugénie (1826-1920) lui ont fait une réputation de grande élégante frivole, obsédée par la mode, la surnommant « Fée chiffon » ou encore « Falbalas 1re ». Pourtant, on sait que, bien au contraire, elle ne portait de belles et coûteuses tenues que pour soutenir l’industrie du luxe qui renaissait alors. En effet, Eugénie avait d’une manière générale des goûts simples en manière de toilette et, même si elle a fait preuve tout au long du règne d’une élégance innée, ses vêtements n’étaient pour elle qu’un outil politique – elle qualifiait d’ailleurs ces derniers de « toilettes politiques ».

On sait par la donatrice de cette robe que son trisaïeul, médecin, aurait soigné Napoléon III (1808-1873) et que l’impératrice Eugénie aurait alors donné cette tenue en remerciement à son épouse. Etant donné la forme de cette robe – seul le corsage en est ici présenté, pour raisons de conservation –on peut la dater vers 1873, c’est-à-dire à l’époque de l’exil du couple impérial en Grande-Bretagne, après la défaite de Sedan. Peu de vêtements de l’impératrice sont conservées aujourd’hui, car la majorité a été dispersée de son vivant, à l’imitation des pratiques aristocratiques de l’Ancien Régime, et on comprend que la fin tragique de l’administration impériale n’ait pas toujours favorisé la conservation des souvenirs attachés à ce régime.

Auteur de la notice : Alexandra Bosc