Tailleur "Miror", Anrealage

INSPIRÉ D’UN TAILLEUR CHANEL À IMPRIMÉS PHOTOSENSIBLES

  • Anrealage

  • Griffe en toile tissée sur le haut, intérieur encolure milieu dos, sur la jupe, intérieur taille milieu dos, blanc sur noir : "[encadré] [logo] ANREALAGE / [logo inversé] ANREALAGE [inversé]"
  • Prêt-à-porter, printemps-été 2016, Collection « REFLECT »
  • Jacquard (63% polyester, 20% coton, 17% rayonne) gris et blanc. Galons gris et blanc. Métal argenté. Enduction polyuréthane photosensible révélant un imprimé en Vichy, pied de poule, carreaux et rayures au flash d'une photographie.
  • GAL2019.4.1.1-2
  • Don ANREALAGE – Vogue Paris Foundation 2018
  • Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris

Ce tailleur « Miror », inspiré d’un tailleur Chanel, se construit en miroir et révèle la passion de Kunihiko Morinaga, créateur de la marque ANRELAGE, pour la technicité de la coupe. Sur cette pièce, les couleurs a priori ternes révèlent, lorsqu’elles sont prises en photographie avec flash, un imprimé aux contrastes spectaculaires.

Kunihiko Morinaga, lorsqu’il crée, pense le moins possible au corps. Guidée par un axe de recherche unique, il fait le choix d’une présentation de mode conceptuelle dont la structure performative rappelle celles d’Hussein Chalayan ou de Martin Margiela. Toutefois, par le biais de ces dispositifs technologiques perfectionnés, ANREALAGE semble questionner notre société et ses usages. Pour cette collection présentée à la Salle Melpomène de l’Ecole nationale des beaux-arts de Paris le 29 septembre 2015, Morinaga fait du téléphone, instrument omniprésent du quotidien, l’intercesseur exclusif entre le public et ses créations. La tête prise dans de larges écouteurs 3D pour entendre la musique du défilé, le public plongé dans l’obscurité devait photographier les modèles avec les flashs de leurs téléphones pour découvrir leurs imprimés. ANREALAGE immerge le public dans une allégorie, celle des présentations de mode actuelles où, depuis près de 10 ans maintenant, les portables dressés sont les ovations silencieuses d’un public ultra connecté.

Cet ensemble interroge la photophobie des musées de mode, l’exposition du patrimoine textile étant dictée selon des critères rigoureux et une exposition lumineuse faible, limitée à 50 LUX.

Auteur de la notice : Alexandre Samson