AUTOPSIE D’UN COSTUME HISTORIQUE

Habit du président Bonjean (veste), 1871; Collection du Palais Galliera. © Paris Musées, Palais Galliera

Habit du président Bonjean (veste), 1871; Collection du Palais Galliera. © Paris Musées, Palais Galliera

Le Palais Galliera, Musée de la mode de la Ville de Paris poursuit ses recherches dans le cadre de ses missions scientifiques et participe à une étude médico-légale inédite.

Du 14 au 16 décembre 2020, le musée reçoit au sein de ses réserves le médecin légiste, archéologue et anthropologue Philippe Charlier, entouré de ses étudiants, pour une étude associant les techniques médico-légales à l’histoire du vêtement dans le contexte historique de la Commune de Paris.

Trésor méconnu des collections du musée, l’objet a pour étude l’habit porté par le président provisoire Louis-Bernard Bonjean lors de son exécution par la Commune de Paris le 24 mai 1871. Ce costume trois-pièces en lainage noir, criblé d’impacts de balles, est l’un des rares témoignages de cette période sombre de l’histoire de Paris.

Le groupe scientifique du diplôme "Techniques d’anthropologie médico-légale" de l’université Paris-Saclay se réunira dans les réserves du Palais Galliera afin d’établir une analyse médico-légale ainsi qu’une étude balistique à partir du vêtement sur mannequin ou sur table d’examen. A la manière d’une scène de crime où l’habit remplace le corps, les lésions balistiques seront reconstituées à partir des orifices d’entrée et de sortie, complétées par des analyses toxicologiques secondaires au laboratoire CHU Lariboisière, et par des analyses microscopiques au musée du quai Branly – Jacques Chirac (où le docteur Charlier dirige le Département de la Recherche et de l’Enseignement). Le calibre des armes utilisées, les angles d’attaque ainsi que la liste des organes potentiellement touchés permettront une reconstitution 3D anatomo-clinique.

Le rapport scientifique sera rendu en 2021, à l’occasion des 150 ans de la Commune de Paris et de la commémoration de la mort du président Bonjean. Ce projet s’inscrit dans le cadre de la politique de recherche que le Palais Galliera s’attache à développer en collaboration étroite avec les institutions d’enseignement supérieur (Parsons School, l’université Paris IV, l’INP) et les autres musées nationaux (en l’occurrence le musée du quai Branly – Jacques Chirac).

> A propos du docteur Philippe Charlier

Philippe Charlier est docteur en médecine (médecine légale & anatomo-pathologie), docteur ès-lettres (archéo-anthropologie) et docteur ès-sciences (bioéthique). Maître de conférence des universités (UVSQ) et praticien hospitalier (AP-HP), HDR, il est depuis octobre 2018 le directeur du Département de la Recherche et de l’Enseignement au musée du quai Branly - Jacques Chirac (Paris). Ses spécialités sont l’utilisation des outils biomédicaux au service de l’analyse de artefacts anciens (restes humains et objets de musée), et l’étude des rituels magico-religieux autour de la maladie et de la mort. Il s’évertue à faire parler les morts, le plus souvent vieux de plusieurs siècles, comme en témoignent ses différents travaux sur les restes de Richard Coeur de Lion, d’Agnès Sorel, de Foulque III Nerra d’Anjou, de Diane de Poitiers, des fausses reliques de Jeanne d’Arc, de la tête d’Henri IV ou du crâne d’Adolf Hitler.

Par ailleurs, il est l’auteur de nombreux ouvrages à la croisée de la médecine et de l’anthropologie, tel que « Vaudou, les dieux, la nature et les homme », paru en 2020 dans la mythique collection « Terre Humaine, Plon.

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