Robe de jour, Grès

  • Grès

  • Griffe en satin tissé intérieur taillé côté droit, noir sur blanc : "GRES / PARIS"
  • Haute couture, printemps-été 1980
  • Jersey de soie (?) enduit noir
  • GAL2020.2.12
  • Acquisition Vogue Paris Foundation 2019
  • Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris

Le Palais Galliera conserve près de 220 modèles Grès entre 1934 et 1988. Cette collection, si riche de robes du soir plissées et drapées en jersey, souvent blanc, se compose surtout de modèles de jour  moins connus mais tout aussi virtuoses.

En témoignent les nombreux robes de jour aux lignes épurées par une sophistication de coupe discrète dont le musée ne conserve pas moins que les prototypes originaux.

Cette robe d’après-midi, en jersey enduit noir, à l’apparence de cuir. Il se distingue comme un prototype grâce à la présence d’un bolduc d’atelier manuscrit révélant son numéro d’atelier « 11276 », le nom de sa première d’atelier en charge de sa confection « Atelier Jeannine » et le nom du mannequin cabine sur le corps de qui elle fut réalisée : « Axelle ».

Cette dernière, Axelle Doué, présentait alors son premier défilé pour Grès afin de financer ses études. Elle livre les souvenirs de cette expérience de « pose » lors de la performance « Models never Talk »,  par Olivier Saillard, présentée à New York et Paris en 2014 : « Trop grande, trop ronde, trop de fesses. C’est ce qu’a dit Madame Grès lorsque je me suis présenté chez elle pour une séance d’essayage. Pourtant elle a ajouté, je vais tout de même essayer. La robe qu’elle construisit sur moi est fidèle aux drapés qui ont fait sa renommée. En jersey, blanc et chocolat de chez Racine. Le décolleté est un V profond jusqu’à la taille. Les épaules sont nues. Le devant est drapé d’une série de plis retenus les uns aux autres jusqu’à la taille. La taille est ornée d’un long cordon de jersey nommé queue de rat que l’on noue délicatement sur le devant. Un dos cape donne de la majesté à l’allure. Madame Grès détermine elle-même la longueur de la robe. A genoux, elle coupe l’ourlet qui recouvre l’escarpin et qui se casse délicatement sur le sol. L’ampleur du tissu était telle qu’elle m’obligeait à chasser nerveusement du pied le bas de la robe. M’imposant ainsi une démarche singulière. Cette démarche devait m’accompagner tout au long de ma carrière ».

Cette robe de jour fait partie de la même collection que le modèle du soir. Elle en cite la forme, par un dos blousant décollé qu’affectionne Madame Grès durant les années 1980.

Auteur de la notice : Alexandre Samson