Tabi, Martin Margiela

  • Martin Margiela

  • Inscription concernant l'auteur estampée en semi sur la semelle de propreté, blanc ton sur ton : " 17 18 19 20 21 (22) 23 / Maison Martin Margiela / PARIS"
  • Prêt-à-porter, automne-hiver 1997-98, collection dite "Stockman"
  • Cuir noir couvert de traces de cirage or. Métal argenté.
  • GAL2020.2.29
  • Acquisition, Vogue Paris Foundation 2019 ; ancienne collection Vicky Roditis
  • Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris

Créées pour la première collection printemps-été 1989, les bottines tabis sont une invention incontestable de Martin Margiela.

Le créateur belge voulait une chaussure qui ne ressemble pas à une chaussure : en veau velours chair, elle donne l’illusion d’un pied nu posé sur une semelle et un talon. Par son gros orteil séparé, cette bottine s’inspire des tabi japonaises, chaussettes-bottillons à deux doigts, le gros orteil à part, majoritairement portée par les ouvriers. Elle en reprend également la fermeture par agrafes en métal plat kohaze (système de fermeture vertical de la jikatabi, constitué d’agrafes métalliques plates et d’une série de trois lignes de portes en fils tressés).

Le créateur les remarqua pour la première fois lors d’un voyage au Japon en avril 1984 avec ses camarades — de l’Académie des beaux-arts d’Anvers, portées par des ouvriers dans la rue. Des années plus tard, il apprendra que la séparation du gros orteil stimulerait un point de réflexologie lié au cœur.

Margiela dote ses bottines tabi d’un large talon cylindrique qui assure leur stabilité, conforme par son diamètre à celui du talon du pied. La hauteur du talon est étudiée pour une cambrure plus confortable que celle que permet un escarpin. En raison de la difficulté technique qu’implique le montage de ces nouvelles chaussures, réalisé à la main, un seul fabricant italien, Vetro Diffuzione, accepte de les produire.

Auteur de la notice : Alexandre Samson