CHANEL, collier « Petite maison », Prêt-à-porter, Printemps-Été 2026

2025

Don de Monsieur Loïc Prigent.

L’objet d’invitation Chanel « Petite Maison » en métal pour la collection Printemps-Été 2026 s’inscrit dans cette tradition des invitations-sculptures imaginées par Chanel comme de véritables objets de collection. Conçue sous la direction artistique de Matthieu Blazy, cette petite maison miniature en métal évoque à la fois un talisman, un bijou et une architecture intime. 

Présentée dans un écrin minimal, cette architecture miniature évoque immédiatement le 31, rue Cambon, adresse mythique où Gabrielle Chanel installa son appartement, ses salons et ses ateliers. La maison devient ici un signe condensé : celui du refuge créatif, du lieu de travail, mais aussi d’un imaginaire profondément lié à la mémoire de Chanel. Matthieu Blazy ne reproduit pas littéralement la façade de Cambon ; il en propose plutôt une réminiscence poétique, presque mentale.

Cette idée de dialogue avec Gabrielle Chanel traverse l’ensemble de son premier défilé, dévoilé sous la nef du Grand Palais dans un décor cosmique composé de planètes lumineuses suspendues. Dès les premières silhouettes, Blazy affirmait sa volonté de revisiter les codes historiques de la maison tout en leur insufflant une dimension plus personnelle et introspective. 

La « petite maison » s’inscrit dans cette même logique : transformer un objet simple en talisman narratif. Là où d’autres invitations de défilés cherchent l’effet spectaculaire, celle-ci privilégie une forme de discrétion symbolique. Elle évoque autant l’atelier que le souvenir, autant l’architecture que le bijou. Chez Blazy, le luxe semble désormais passer par des objets capables de raconter une histoire silencieuse.

Cette pièce reprend l’idée d’un objet narratif cher à la maison : une invitation qui dépasse sa fonction première pour devenir souvenir, fétiche ou œuvre miniature. Avec cette « petite maison », Chanel convoque l’imaginaire du refuge, de l’atelier et du rêve, tout en poursuivant le dialogue entre artisanat, poésie et mise en scène spectaculaire.

Texte de Nicola Ross.