Don de Monsieur Loïc Prigent.
Chez Chloé, la sulfure-fleur accompagne l’idée de permanence fragile. Objet à la fois éphémère et conservatoire, il transforme l’invitation en trace matérielle du défilé. La fleur pressée, maintenue sous verre, devient le symbole d’une mode attentive au temps, à la transmission et aux formes de délicatesse domestique. À l’image de la collection, l’objet articule romantisme et précision, souvenir et contemporanéité.
Avec la collection Hiver 2026 de Chloé, Chemena Kamali poursuit une réflexion sur la mémoire sensible de la maison et ses formes de transmission. L’invitation du défilé, sulfure conçue comme un herbier sous verre, prolonge cet imaginaire de délicatesse et de conservation. Entre fragment végétal et objet précieux, elle évoque autant les pratiques naturalistes du XIXe siècle que les souvenirs intimes que l’on préserve dans un livre ou un tiroir.
Désormais dans sa troisième période au sein de Chloé, Chemena Kamali connaît la maison de l’intérieur. Formée auprès de Phoebe Philo puis de Clare Waight Keller, elle inscrit son travail dans une continuité historique où dialoguent plusieurs temporalités du vestiaire Chloé. Fondée en 1952 par Gaby Aghion, la maison participe à l’émergence d’un prêt-à-porter parisien pensé comme une alternative plus libre, plus mobile et plus quotidienne à la haute couture.
La collection Hiver 2026 réactive cet héritage à travers un vocabulaire fait de transparences, de dentelles, de capes et de silhouettes en mouvement. Les références aux années 1970 de Karl Lagerfeld côtoient l’allure fluide de la « Chloé girl » des années 2000, dans une approche où le romantisme se structure sans perdre sa souplesse. Plus qu’un exercice de citation, la collection compose une mémoire remise en circulation.
Texte de Nicola Ross.