Dior, collerette, défilé Homme Automne-Hiver 2026

2026

Don de Monsieur Loïc Prigent.

Grâce à l’inventivité de Jonathan Anderson, les rédacteurs et invités privilégiés ont reçu l’invitation au défilé Homme Automne-Hiver 2026 sous la forme d’une collerette ivoire, dissimulant à l’intérieur du col une étiquette Dior. Dès cette entrée en matière, le créateur annonçait le ton de ses débuts pour la ligne masculine de Dior : un dialogue subtil entre héritage aristocratique et réinterprétation contemporaine.

Historiquement, la collerette constitue un marqueur de richesse et de distinction sociale. Tous les indices semblaient ainsi annoncer, pour l’Automne-Hiver 2026, le retour des « toffs », ces jeunes aristocrates britanniques devenus figures d’élégance désinvolte. Fidèle à son approche narrative, Anderson faisait commencer le spectacle avant même l’apparition du premier mannequin.

Le défilé rendait également hommage à Paul Poiret, considéré comme l’un des grands réformateurs de la mode moderne. À Poiret, l’histoire attribue notamment l’abandon du corset au profit de silhouettes plus fluides et de tailles abaissées, libérant le mouvement du corps et ouvrant la voie à l’esthétique des flappers (jeunes femmes libres et modernes après la Première Guerre mondiale) des années 1920. Le couturier était aussi reconnu pour ses inspirations puisées en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Asie orientale — des références que John Galliano avait déjà explorées chez Dior en 1998, et que Jonathan Anderson revisite aujourd’hui à son tour.

La collection voyait ainsi réapparaître la veste Bar Dior, emblème de la silhouette New Look, accompagnée de parkas, de vestes d’inspiration militaire, mais aussi de capes d’opéra et de redingotes tricotées. À travers cette garde-robe aux multiples références, Anderson esquissait également le vestiaire nocturne de cette nouvelle « aristo-youth », entre tradition couture et modernité théâtrale.

Texte de Nicola Ross.