Don de Monsieur Loïc Prigent.
À l’invitation du défilé Printemps-Été 2025 de Schiaparelli, un demi-nautilus doré suspendu à un simple cordon noir condensait à lui seul l’esprit de la collection imaginée par Daniel Roseberry. Objet-bijou, talisman et fragment surréaliste, cette coquille marine transformée en parure renvoyait autant à l’héritage d’Elsa Schiaparelli qu’à une réflexion contemporaine sur le temps, la mémoire et la métamorphose.
Le nautile, célèbre pour sa spirale composée de petites cloisons et d'un intérieur irisé et nacré, fascine depuis longtemps artistes, scientifiques et collectionneurs. Symbole de croissance organique et d’équilibre, il évoque aussi les cabinets de curiosités, univers auquel Schiaparelli emprunte volontiers ses références. Mais ici, la coquille apparaît incomplète : réduite à une demi-forme, comme un vestige précieux retrouvé au fond de la mer ou exhumé d’un musée imaginaire. Ce fragment devient alors un objet de désir, entre relique archéologique et bijou futuriste.
Cette ambiguïté entre passé et futur traversait toute la collection « Future Vintage », où Daniel Roseberry associait lignes modernes et références historiques. Le demi-nautilus incarnait parfaitement cette tension : un élément naturel figé dans le métal doré, porté comme une amulette couture. Fidèle à l’esprit surréaliste de la maison, Schiaparelli transforme ainsi un simple coquillage en symbole poétique, mystérieux et théâtral.
Texte de Nicola Ross.