Dans les coulisses de la restauration textile : focus sur une robe de l’époque de Marie-Antoinette

© Léa Gaspin / Palais Galliera / Paris Musées

Dans le cadre de la prochaine exposition La mode du XVIIIe siècle. Un héritage fantasmé, le Palais Galliera met en lumière un métier aussi discret qu’essentiel : celui de restaurateur textile. Parmi les pièces présentées figurera une robe du XVIIIe siècle, exposée pour la première fois après un long travail de restauration, révélant toute la complexité et la rigueur de cette discipline.

  • Robe à l’anglaise et jupe, vers 1780–1790, remaniée fin du XIXe siècle ou début du XXe. Satin de soie rose, satin de soie blanc. Doublure : taffetas de soie crème. Broderies au passé, point de tige, fils de soie polychromes. Dentelle de soie crème. Passementerie de soie et passementerie de crin. Baleines. 
    CC0 Palais Galliera / Paris Musées
  • Robe à l'anglaise et jupe (détail), vers 1780-1790, remaniée fin du XIXe siècle ou début du XXe. Satin de soie rose, satin de soie blanc. Doublure : taffetas de soie crème. Broderies au passé, point de tige, fils de soie polychromes. Dentelle de soie crème. Passementerie de soie et passementerie de crin. Baleines. 
    CC0 Palais Galliera / Paris Musées
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Datée vers 1780, cette somptueuse robe parée à l’anglaise est entrée dans les collections du musée par donation. La richesse du décor brodé, le relief des bouillonnés et les passementeries caractérisent une robe de cour de haut prix. Fragilisée par le temps et l’usage, elle n’avait jusqu’ici jamais pu être montrée au public. Son état de conservation exigeait une intervention approfondie, menée par la restauratrice textile du Palais Galliera Anastasia Ozoline, secondée par des stagiaires, Léo Guthrie et Alice Bonnet, avec lesquels elle partage son savoir.

Comme pour toute restauration, le travail débute par une observation minutieuse et approfondie. L’étude de la robe livre ses secrets : des coutures plutôt grossières lorsqu’elles sont dissimulées, typiques du XVIIIe siècle, plus appliquées au XIXe, des différences de couleurs et de lisières, ou encore l’ajout de satin pour une taille élargie au XIXe siècle. Autant de clés pour comprendre l’histoire de cette robe d’apparat remaniée, probablement portée aux bals masqués jusqu’à l’usure complète.

  • © Léa Gaspin / Palais Galliera / Paris Musées
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« Nous sommes un peu les médecins du vêtement de mode. Comme au bloc, je ne découvre que la zone sur laquelle j’ai besoin de travailler. Il y a aussi une déontologie qui fixe les limites de nos interventions », explique Anastasia Ozoline. Le nettoyage, réalisé au coton-tige à l’aide de solutions adaptées à chaque matière, illustre la précision extrême requise. Chaque traitement est mesuré, réversible et pensé dans le respect de l’intégrité de l’œuvre. La restauration ne vise ni la reconstruction, ni le retour à un état supposé d’origine, mais cherche à restituer au plus juste le vêtement pour en raconter l’histoire.

Le délicat travail sur la robe se poursuit : des tissus de support teints viennent consolider les lacunes et redonner de la couleur tout en précisant les contours. Durant le premier mois de ce travail minutieux, Anastasia Ozoline a été secondée par deux stagiaires, Léo Guthrie et Alice Bonnet, avec lesquels elle a partagé son savoir et les gestes du métier.

Après restauration et mannequinage, la robe sera mise en forme afin de redonner leur volume initial aux dentelles et aux bouillonnés pour sa présentation en vitrine.

Pour en savoir plus sur l'exposition