Sous-vêtements

Le département « sous-vêtements » regroupe un ensemble de lingerie, linge de corps et corsetterie d’environ 5.000 pièces. Cette collection mixte, où la part d’objets issus des garde-robes féminines domine, réunit des dessous qui datent du début du XIXe siècle à nos jours.

À l’énumération des pièces, on entrevoit le secret de l’intime : jupons, culottes et pantalons, cages de crinolines, queues, tournures, poufs, chemises de jour, chemises de nuit, cache-corsets, corsets, gaines, soutien-gorges, guêpières, combinaisons, bas, porte-jarretelles, collants, serre-tailles… autant de terminologies familières ou désuètes qui désignent un attirail invisible, enfoui dans le secret des silhouettes. Par ces dessous réunis, l’histoire de la mode peut être retracée comme en négatif. Le sous-vêtement se fait l’architecte d’une silhouette imaginée par la mode quand il est corset, crinoline ou encore gaine… Parfois, à l’inverse, il s’efface et l’on peut presque parler de garde-robe invisible comme pour les bas et les culottes.

D’autres éléments font surface au fil du temps, sous d’autres appellations : le cache-corset évoque les « top » des dernières modes estivales… Certains sous-vêtements ont complètement disparu des usages comme la tournure, ou sont rarement portés en dehors de circonstances festives, comme le corset.

Plusieurs pièces sont griffées de prestigieux noms de la haute couture comme Callot Sœurs, Poiret, Madeleine Vionnet, Lucien Lelong, Chanel, Schiaparelli, Robert Piguet, Balmain, Jacques Fath, Christian Dior, Courrèges… Il s’agit souvent de vêtements intermédiaires comme des déshabillés ou des combinaisons, voire des jupons et quelques bas à partir des années 1950. Sur les pièces de corsetteries, ou de bas et de culottes, se retrouvent également les marques spécialisées du marché les plus courantes, comme Cadolle, Marie-Rose Lebigot, Dim, Scandale, Joy, Lejaby, Chantelle, Hom... En parallèle, on voit apparaître aux revers des élastiques ou des armatures, des signatures du prêt-à-porter et de créateurs comme celle de Jean-Charles de Castelbajac, Sonia Rykiel ou Jean Paul Gaultier. Si John Galliano ou Kenzo ont renoncé pour des combinés des années 2000 à toute discrétion – leur logo s’affiche comme un motif all over – le plus souvent, l’objet est anonyme et même modeste.

Cet ensemble, composé de milliers de pièces discrètes, permet de retracer les métamorphoses de la garde-robe intime pendant plus de deux siècles. La force originale de cette collection réside dans le continuum historique, les séries. Leurs variantes infimes, au charme monotone, font apprécier les nuances de la palette des goûts à chaque époque. La période la plus documentée en ce sens se situe entre 1890 et 1910. À l’âge d’or de la lingerie…