La Mode retrouvée

Portrait de la comtesse Greffulhe par Otto (Otto Wegner, dit), vers 1886-1887 - Photo : © Otto / Galliera / Roger-Viollet

Portrait de la comtesse Greffulhe par Otto (Otto Wegner, dit), vers 1886-1887 - Photo : © Otto / Galliera / Roger-Viollet

Les robes trésors de la comtesse Greffulhe

Du 7 novembre 2015 au 20 mars 2016

Cette exposition propose de découvrir la garde-robe de la Comtesse Greffulhe dont la beauté et l’élégance légendaires ont inspiré Marcel Proust et les plus grands couturiers de son temps.

Pour la première fois, le Palais Galliera expose la garde-robe d’exception de la comtesse Greffulhe, née Élisabeth de Caraman-Chimay (1860-1952). Cousine de Robert de Montesquiou, passée à la postérité sous la plume de Marcel Proust dans le célèbre roman À la recherche du temps perdu, la comtesse prête ses traits à la duchesse de Guermantes. « Aucun élément n’entre en elle qu’on ait pu voir chez aucune autre ni même nulle part ailleurs. Mais tout le mystère de sa beauté est dans l’éclat, dans l’énigme surtout de ses yeux. Je n’ai jamais vu une femme aussi belle. », écrit Proust à Montesquiou.

La divine comtesse vécut la fin du Second Empire, deux Républiques, deux guerres mondiales, connut la Belle Époque, les Années folles, et régna sur le gotha durant un demi-siècle. Son influence se déploie après son mariage avec le très fortuné comte Henry Greffulhe. La plus belle femme de Paris – tant d’allure que d’esprit – tient salon dans son hôtel particulier de la rue d’Astorg, reçoit au château de Bois-Boudran ou dans sa villa de Dieppe. Avant l’heure, elle invente le fundraising : elle fonde la Société des grandes auditions musicales et va transformer les bonnes œuvres en relations publiques ; pragmatique, elle lève des fonds, fait de la production de spectacles, de la promotion – Tristan et Isolde, Le Crépuscule des dieux de Wagner, les Ballets russes de Diaghilev, Isadora Duncan... Parmi tant d’autres de ses combats, la comtesse soutient le capitaine Dreyfus, Léon Blum, le Front populaire, la République ; se passionne pour les sciences – Marie Curie et l’Institut du radium, Édouard Branly et ses recherches...

Élégance faite femme, exubérante dans ses toilettes, la comtesse Greffulhe met en scène ses apparitions, sait se faire rare, fugitive et incomparablement fascinante dans ses envolées de tulle, de gaze, de mousseline et de plumes, ses vestes kimono, ses manteaux de velours, ses motifs orientaux, ses tonalités d’or, d’argent, de rose et de vert... Elle choisit ses tenues pour souligner sa taille fine et mettre en valeur sa silhouette élancée.

Le Palais Galliera présente une cinquantaine de modèles griffés Worth, Fortuny, Babani, Lanvin... manteaux, tenues d’intérieur, robes de jour et du soir, accompagnés d’accessoires, de portraits, de photographies et de films... Autant d’invitations à la mode retrouvée, à la rencontre de cette grande dame du Tout-Paris dont l’image est inséparable de ses atours.

Commissariat : 
Olivier Saillard, directeur du Palais Galliera,
Et l'équipe de la conservation et de la documention du Musée de la Mode de la Ville de Paris, 
Alexandra Bosc, Laurent Cotta, Sophie Grossiord, Sylvie Lécallier et Sylvie Roy.

Avec le soutien de  

Cette exposition sera présentée au Musée du FIT (Fashion Institute of Technology) à New York, du 23 septembre 2016 au 3 janvier 2017.