Haute couture

L’année 1947 a marqué l’histoire de la mode en amorçant une nouvelle silhouette. Christian Dior présente sa première collection haute couture pour le printemps-été et bouleverse les codes en présentant ce que les rédactrices de mode baptisent immédiatement le New-Look.
Cette proposition, éloignée du canon de la femme telle qu’elle était modelée par les contraintes imposées par la Seconde guerre mondiale, inaugure un âge d’or de la haute couture parisienne, celui des années 1950.
La haute couture désigne un système de production vestimentaire de luxe, typiquement parisien, adressé aux femmes. Il s’agit alors de créer entièrement un vêtement aux proportions de la cliente dans les plus belles matières et les savoirs-faire les plus exigeants.

Le département se compose de plus de 7 000 pièces griffées. Très abondant, c’est l’un des fonds les plus représentatifs et exhaustifs au monde pour près d’une trentaine de griffes différentes. Cette collection est le miroir de la création parisienne dans la diversité de ses maisons de couture : Dior, Balenciaga, Chanel, Grès, Carven, Fath ou Balmain dans les années 1950 répondent aux Yves Saint Laurent, Courrèges, Paco Rabanne et Pierre Cardin des années 1960. Alors que le prêt-à-porter s’impose face à la haute couture à partir des années 1970, les pièces du département continuent d’illustrer au mieux la création des époques récentes, en accordant une place de choix aux modèles de Christian Lacroix ou de John Galliano pour Christian Dior.

Les robes du soir qui composent le département, portées au cours de galas, de bals ou encore de premières, emblèmes de la haute couture, nourrissent l’imaginaire collectif.
Cependant, la couture sait jouer de discrétion quand elle se fond dans la sobriété imposée de la journée. Robes, tailleurs et ensembles de jours en témoignent par leur esthétique et leur perfection technique faite de discrétion. Les collections du département sont riches de ces deux visages du savoir-faire qui fait la haute couture.

La collection s’est constituée à partir des années 1950 sous l’impulsion de dons de clientes haute couture ou en hommage à une épouse ou une mère, en faisant de ces éléments de garde-robe les témoins prépondérants d’une élégance en souvenir. Ce phénomène s’est accéléré à l’installation du musée au sein du Palais Galliera en 1977 alors que le patrimoine s’enrichissait de dons de la Duchesse de Windsor, de la duchesse d’Orléans ou de la baronne de Rothschild, succédés par ceux de Grace de Monaco. Á ces apports majeurs rejoignaient les dons des grandes maisons de couture soucieuses de préserver une trace pour l’avenir. Ce fut le cas de Cristobal Balenciaga qui fit notamment don à Galliera de prototypes de ses derniers défilés, comme pour Yves Saint Laurent ou Givenchy, qui fit notamment don d’une partie des éléments de la garde-robe d’Audrey Hepburn.