EGIDIO SCAIONI

Le Palais Galliera possède le plus grand fonds d’images du photographe Egidio Scaioni : 534 tirages originaux couleur et noir et blanc. La majorité provient de la maison de couture Lucien Lelong, mais sont aussi représentées pour les années 1920-1930 les maisons Maggy Rouff, Agnès, Piguet, Le Monnier, Jenny. Le musée conserve également un bel exemple de sa production des années 1950 pour Jacques Heim. Un don de Madame Scaioni de tirages couleur et noir et blanc des années 1920-1930 est entré en 2018 au musée. En 2019, un nouvel ensemble est venu compléter ce fonds exceptionnel par sa qualité et son nombre.

> A propos d'Egidio Scaioni 

Né le 11 octobre 1894 à Milan, Egidio Scaioni fait des études de commerce puis, passionné de photographie, s’installe à Paris au début des années 1920. Il travaille de manière intensive pour la mode et la publicité, publiant dans les plus grandes revues de mode et collaborant avec de grands couturiers notamment Maggy Rouff et surtout Lucien Lelong dont il est très proche. Au début des années 1930 il installe son studio 15 rue Malebranche dans le 5ème arrondissement à Paris. Il s’interrompt pendant la guerre et reprend son activité de photographe de mode jusqu’au milieu des années 1950, notamment pour Jacques Heim. Parallèlement il réalise de nombreux portraits. Il abandonne ensuite la photographie de mode pour se consacrer à l’édition d’ouvrages d’art en fondant les éditions de Varenne. Edigio Scaioni meurt à Paris le 30 mars 1966.

A partir du milieu des années 1920 le style d’Egidio Scaioni est parfaitement identifiable : il travaille les éclairages avec une esthétique rigoureuse et moderniste inspirée d’E Steichen. Ses décors géométriques sous influence des arts décoratifs, sont sa signature. Ils s’accordent à merveille avec la mode des années 1920 ou avec les collections jeunes et sportives de Lucien Lelong. Dans les années 1930 ses images affichent une sobriété et une élégance qui mettent en valeur les coupes sophistiquées des tenues. Les tirages réalisés dans son studio sont toujours d’une très grande qualité plastique.

Egidio Scaioni est également l’un des pionniers de la photographie couleur qui fut introduite dans les magazines dans les années 1930 pour les besoins de la publicité, puis via la photographie de mode. Il est l’un des seuls à utiliser le procédé Vivex à Paris, procédé exploité entre 1929 et 1939. De nombreux articles aux Etats-Unis louent son talent dans ce domaine.

Les photographies d’Egidio Scaioni sont publiées notamment dans les revues françaises suivantes : "Vogue", "Fémina", "Le Jardin des Modes", "L’Officiel de la Couture", "Excelsior Modes", ainsi que dans de nombreuses revues allemandes, italiennes, américaines ("Harper’s Bazaar", "Fortune"...)

Photographe talentueux et fort présent sur la scène photographique parisienne et internationnale, Egidio Scaioni a été jusqu’à présent ignoré par la recherche historique.

> Le procédé Vivex

A la fin des années 1920, le chimiste D.A. Spencer adapte la technique du carbro à la production d’épreuves trichromes. Ce procédé permet de réaliser une épreuve trichrome pigmentaire à partir des reports successifs de trois images primaires inscrites dans un relief de gélatine pigmentée. Sa compagnie Color Photographs Ltd (Londres) commercialise également des équipements pour la prise de vue couleur ; en particulier des chambres trichromes (« one shot camera ») qui permettent de réaliser simultanément les trois clichés monochromes d’une sélection trichrome. En raison de la complexité liée à la mise en œuvre du procédé et du coût résultant des épreuves, la clientèle du laboratoire est composée presque exclusivement de photographes professionnels anglais ou américains, travaillant pour la publicité, la reproduction d’œuvre d’art, le portrait et la mode. Le procédé bénéficie des bonnes caractéristiques de stabilité associées aux épreuves pigmentaires. Le Vivex marque l’apogée des procédés trichromes pigmentaires qui déclineront après la fin de la guerre.