Ensemble, Marine Serre

TEE-SHIRT, COLLANT, LUNETTES DE SOLEIL, COLLIER DE CHIEN, PAIRE DE BOTTINES, PORTE-BÉBÉ (SIÈGE, SANGLE ET COUSSIN), COMBINAISON D’ENFANT ET PAIRE DE CHAUSSETTES

  • Marine Serre

  • Inscription concernant l'auteur tricotée dans le jacquard de la ceinture montée, blanc sur noir : " [...] MARINE SERRE [croissant de lune vers le bas] FUTUREWEAR [...] "
  • Prêt-à-porter, printemps-été 2019, collection « Hardcore Couture »
  • Jersey 72% polyamide, 28% élasthanne noir imprimé rouge (jersey seconde peau crée en Belgique), découpé au laser. Monté au Portugal. Plastique noir moulé et ajouré, en partie imprimé de blanc. Plastique fumé noir imprimé noir plus opaque. Caoutchouc noir ajouré. Métal argenté. Brillants en cristaux sertis en cuvette, blanc et rouge. Gomme blanche moulée. Cuir noir imprimé. Velcro. Cuir vert. Cuir chair. Mesh noir. Nylon noir. Plastique noir. Caoutchouc noir et blanc. Jersey à côtes de coton et élasthanne blanc et noir.
  • GAL2020.16.1.1-12
  • Don Marine Serre - Vogue Paris Foundation 2019
  • Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris

Diplômée de L'École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre à Bruxelles, Marine Serre remporte en 2017 le Grand Prix LVMH, lui offrant l’opportunité de créer sa maison grâce à au soutien du groupe financier.

Française née en 1991 à Brive-la-Gaillarde, elle s’inspire de l’œuvre de Martin Margiela dont elle reprend l’intérêt pour le recyclage (en lien avec l’intérêt contemporain de la mode pour le développement durable) hissé au rang de haute couture, le détournement et le choix des mannequins de tous âges et de toutes corpulences ainsi que les lieux de défilés marginaux.

Formée chez Balenciaga auprès de Demna Gvasalia, lui-même admirateur de Margiela, elle reprend du premier la radicalité de son style, la palette colorée, l’usage important des combinaisons en élasthanne moulant le corps comme une seconde peau sur laquelle elle drape, ainsi que l’inspiration de la rue et des styles populaires. Elle adopte pour logo un croissant de lune, pointes vers le haut.

Cette silhouette est le passage n°17 de sa collection printemps-été 2019. Baptisée « Hardcore couture », ce deuxième défilé et troisième collection est présenté en plein air, sur un pont, aux jardins d’Eole dans le 19e arrondissement. Parmi les robes foulards ou les manteaux bordés de porte-clefs, la silhouette offerte en donation est le plus plébiscitée par les médias.

Une mère (Inès Abdallah) portait son fils (Naël, 3 ans) dans un porte-bébé frontal, les deux corps gainés dans un jersey imprimé de croissants de lune rouge sur fond noir. Les lunettes de soleil- techniques reprises de celles des coureurs cyclistes contrastent avec ses escarpins à talons gainés d’une chaussette couverte des mêmes croissants et dont la semelle épaisse rappelle celles des sneakers. Même le porte bébé est gainé du jersey au logo de la créatrice.

La silhouette est d’autant plus intéressante qu’elle a un temps envahi les réseaux sociaux sous la forme d’un détournement, un « même », une photographie reprise et déclinée en masse sur Internet.  Alors que Meghan Markle attendait son premier enfant, sa tête a été apposée sur cette silhouette du défilé et a fait le tour du monde.

Ensemble contemporaine emblématique de la démarche de Marine Serre, il illustre également l’importance que les réseaux sociaux ont dans la diffusion de la mode contemporaine.

Auteur de la notice : Alexandre Samson